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2019-01-11 02:08

Ouverture d’un compte bancaire offshore à distance, quelques conseils


Dans de nombreux pays, il est possible d’ouvrir un compte bancaire à distance, que ce soit un compte personnel ou un compte de société. Mais ce n’est pas toujours sans difficulté, ni piège.


Nous ne parlerons pas ici des comptes qu’on peut ouvrir dans son propre pays (Boursorama, Fortuneo…), ni ailleurs dans l’Union européenne pour les résidents de l’Union (par exemple chez N26 en Allemagne, Ferratum Bank à Malte, Bunq aux Pays-Bas, bientôt chez Revolut en Lituanie, etc.) avec des banques qui remonteront, de toute façon, les informations fiscales des clients aux services fiscaux des autres pays. Les banques locales seront plus rassurées au niveau des garanties face à un client local que face à un client situé à l’autre bout du monde, contre qui elles ne pourront peut-être pas grand-chose en cas de problème. Nous ne parlerons pas non plus des « pseudo banques » qui proposent des numéros de comptes bancaires (IBAN ou autre) et cartes de paiement sans avoir de licence bancaire, comme Transferwise, Paysera et plein d’autres, car les dépôts n’ont pas la même garantie qu’un vrai compte bancaire en cas de faillite de celui qui garde l’argent au final (ces sociétés ne pouvant le faire elle-même). Nous parlerons ici de vraies banques offshore.

Il y a de nombreuses raisons légitimes d’avoir un compte bancaire à l’étranger : pour « ne pas avoir tous ses œufs dans le même panier », pour préparer un investissement immobilier à l’étranger, pour contourner un interdit bancaire dans son propre pays (un accident peut arriver à tout le monde…), etc.

Tout d’abord, nous déconseillons les banques qui imposent de passer par un intermédiaire, non seulement à cause des frais additionnels de cet intermédiaire (au moins 200 €), mais aussi parce que nous déconseillons à quiconque de confier son accès bancaire à un tiers, pour des raisons évidentes. Vous risquez toutefois de devoir passer par des professionnels (avocats, traducteurs assermentés…) quand même pour obtenir des certifications sur certains documents. Copie certifiée conforme de la pièce d’identité, extrait du registre du commerce et statuts de la société avec apostille et traduction légale si nécessaire, factures d’électricité ou autre au bon nom prouvant l’adresse, attestation de résidence fiscale, etc. La pile de documents à réunir va demander du temps et de l’argent. Et les banques ayant de plus en plus d’obligations au niveau de la connaissance de leurs clients, préparez-vous mentalement à devoir recommencer de temps en temps (pour les banques les plus procédurières, cela peut être une fois par an !), peut-être même avec des documents supplémentaires au fur et à mesure. Ces obligations sont imposées par les États-Unis, et dans une moindre mesure l’Union européenne, pour que les informations fiscales de leurs résidents leur remontent. Les banques ne sont pas obligées de le faire, mais elles peuvent alors perdre, par exemple, leur correspondant qui leur permet de traiter des opérations en dollars. Certaines banques refusent aussi des clients de résidents de certains pays, car ces pays sont considérés comme dangereux par les États-Unis.

Attention aux coûts !

Les petites banques, notamment situées dans tel ou tel paradis fiscal insulaire qui acceptent d’ouvrir des comptes à distance, ne peuvent pas opérer directement sur le marché international, elles doivent passer par d’autres banques pour les opérations courantes, ce qui induit des coûts plus élevés (par exemple, plus de 50 € de frais pour un minuscule virement envoyé ou reçu), ainsi que des délais de réalisation plus longs. L’ouverture de compte elle-même pourra aussi coûter 200 € (voire plus…), parce que la banque devra traiter les nombreux documents exigés au futur client. Enfin, la banque peut exiger un dépôt minimal à l’ouverture (500 €, voire beaucoup, beaucoup plus) et une somme maintenue en permanence sur le compte, sous peine de fermeture du compte (ce qui revient à perdre de l’argent, du fait de l’inflation, si les dépôts n’ont pas de rémunération suffisante). Si déposer de l’argent est généralement assez simple, retirer de l’argent, surtout une grosse somme, pourra être plus difficile : la banque pourra traîner des pieds et exiger encore de nouveaux documents pour lui prouver que vous êtes bien la personne qui a ouvert le compte. Fermer un compte bancaire aussi peut être un calvaire.

Attention : l’argent sur ces comptes bancaires offshore n’est parfois pas du tout protégé, contrairement à ce qui se passe aux États-Unis ou en Europe ; si la banque fait faillite, vous pouvez tout perdre. Vérifiez la législation du pays choisi ! De même, il n’est pas toujours simple, voire possible, d’obtenir réparation pour les opérations frauduleuses réalisées avec une carte de paiement.

Souvent, la législation de votre pays de résidence vous obligera à déclarer votre compte bancaire offshore au fisc de votre pays. Souvent, la banque offshore devra le faire de son côté aussi en fonction des accords internationaux. Il y a toutefois des exceptions à ces règles en fonction des pays.

Si vous en avez la possibilité, nous vous recommandons plutôt d’ouvrir un compte bancaire en vous rendant sur place. Car vous vous permettez ainsi un plus grand choix de banques et de pays avec à la clé, sans doute, une solution moins chère à l’ouverture et à l’usage (ce qui remboursera vos frais de déplacement). Un voyage vous permettra aussi de mieux « sentir » la banque et le pays en question, en plus de vous permettre de vous « aérer » et, pourquoi pas, de trouver de nouvelles opportunités tant professionnelles que personnelles.



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