15/08/2010

De nouvelles façons d'obtenir un second passeport



Certains pays tiennent pour responsables les « étrangers » de tous leurs malheurs, font subir des tracasseries administratives à certains de leurs ressortissants nés à l'étranger ou de parents nés à l'étranger, pratiquent des expulsions parfois de façon inhumaine. Et continuent de s'enfoncer dans la crise.

Pendant ce temps, d'autres pays ont décidé d'offrir leur nationalité de façon massive à des personnes remplissant tel ou tel critère, souvent basé sur les turpitudes de l'histoire. Une façon d'accroître leur poids démographique et donc leur influence.

Nos lecteurs, conscients de l'intérêt de posséder deux nationalités (ou plus !), vérifieront s'ils peuvent êttre concernés par les récentes décisions de certains pays européens (même s'il serait plus intéressant pour eux, s'ils ont déjà la nationalité d'un Etat de l'Union Européenne, d'en chercher une autre au delà du continent politique).

Depuis fin 2008, l'Espagne a décidé de donner sa nationalité à tout enfant ou petit enfant d'un Espagnol qui a fui le pays entre 1936 et 1955 (des dates un peu arbitraires par rapport à l'histoire réelle du pays...). Au départ, le demandeur devait présenter son dossier dans les deux ans mais, finalement, le délai a été porté à trois ans. A la fin juin 2010, plus de 225 000 personnes avaient fait une demande de nationalité espagnole. 117 000 ont déjà été satisfaites, dont 95 % venant d'Amérique du Sud.

En avril 2009, la Roumanie a décidé d'accorder sa nationalité aux Moldaves qui peuvent prouver leur ascendance, car la Moldavie a été en partie construite sur des territoires qui ont appartenu à la Roumanie pendant une époque. Et deux tiers de la population parle encore le roumain (même si l'écriture devient cyrillique, une fois la frontière passée). Déjà 120 000 Moldaves possèdent un passeport roumain. 800 000 autres auraient déposé une demande.

Pour des raisons similaires, la Bulgarie a simplifié l'acquisition de sa nationalité à une population estimée de 2,5 millions de personnes éparpillées en Ukraine, en Moldavie, en Albanie, en Grèce... 1,4 million de Macédoniens pourraient être concernés, ainsi que 350 000 Turcs.

Autre porte ouverte pour les prétendants à un passeport européen, le texte adopté le 26 mai dernier par le parlement hongrois : pour compenser l'amputation au deux tiers du pays imposé par le traité de Trianon signé le 4 juin 1920, la Hongrie peut offrir sa nationalité à des populations estimées de 300 000 Serbes, 150 000 Ukrainiens ainsi qu'à des Slovaques. Mais ces derniers y réfléchiront à deux fois avant de faire la demande d'un passeport d'une Europe politique dont ils font déjà partie : une nouvelle loi votée en représailles leur fera perdre leur nationalité slovaque s'ils adoptent celle hongroise.

Le Monténégro, qui a proclamé son indépendance de la Serbie en 2006, ne fait pas (encore) partie de l'Europe politque, mais il permet déjà des voyages sans visa dans l'espace Schengen. Pour augmenter le nombre de ses nationaux (670 000) et, surtout, remplir ses caisses, il a décidé d'octroyer sa nationalié aux investisseurs qui apporteront au moins 500 000 euros. Le gouvernement du pays affirme que de tels programmes de « nationalité économique » existent déjà en Autriche, en Belgique et aux Etats-Unis.


ATTENTION ! Certaines officines peu scrupuleuses, notamment sur le Web, prétendent obtenir pour vous des papiers d'identité. Il s'agit d'arnaques (lire enquête dans Virus 13). Ne traitez qu'avec des administrations officielles !


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